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Patrick Santilli

Plus d’argent? OUI. Négocier? Euuuh….

Perspective féminine sur le besoin d'égalité salariale

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C’est LA formation digitale du moment sur la confiance en soi. Articulée autour de vidéos quotidiennes pendant 30 jours, à visionner sur une app mobile et à explorer dans le cahier d’exercice associé, elle vous permet d’atteindre la meilleure version de vous-même.

Souvent rédactrice de vos contenus écrits, parfois visible dans vos contenus vidéos sur la chaîne Patrick Santilli, j’ai le plaisir de prendre aujourd’hui la plume (le clavier), pour m’adresser à vous sans l’intermédiaire de Patrick.

Expérience différente, sensibilité différente, je me présente aujourd’hui comme moi, Cloé, pour vous faire part de mon cheminement, ces derniers mois, à travers les questions intrigantes que soulèvent les inégalités de salaires: sujet phare du moment pour notre équipe. Devant une exhortation à l’égalité salariale mais un manque d’enthousiasme féminin lorsque l’heure vient de négocier « comme les hommes », je m’interroge…

Jeune femme en fin de cursus universitaire, je suis lancée sur le marché du travail depuis quelques années déjà. Mes expériences professionnelles se sont d’abord inscrites dans le cadre de jobs d’été, quasiment tout au long de mes études. Ces emplois souvent non (ou peu) qualifiés se caractérisaient bien souvent par une paie moindre, mais justifiée, voire « normale » car « tu es étudiante ». Héh, comme si les étudiants n’étaient pas ceux qui JUSTEMENT avaient besoin d’argent.  

Et puis, l’âge, la formation, la maturation de mes envies professionnelles, l’enthousiasme face à des projets inspirants, et puis – ne nous le cachons pas – un besoin de travailler plus que les étés (étudiante française + vie en Suisse = tire- toi les doigts pour mériter la merveilleuse montagne devant laquelle tu te réveilles chaque matin) ont fait que je me suis mise à travailler hors vacances, en parallèle de mes études. Professeure de langues dans une école privée plusieurs soirs par semaine, assistante d’un psy (que vous connaissez bien), et créatrice de contenu dans une start-up (que vous connaissez bien aussi), il faut le dire, je suis fatiguée mais je m’éclate. Une meilleure paie, pour sûr, toujours pas au niveau des salaires de ceux qui sont (oh graal !) dans la vie active à temps plein à mon niveau de diplôme. Bon… ça viendra.

En soi, la question financière n’a jamais été vraiment problématique pour moi, j’ai une famille qui, à défaut d’être riche, est soucieuse de donner un coup de main dès que possible, je suis boursière, j’ai vécu en couple la majorité de mes études avec un partenaire salarié, et j’ai toujours travaillé. La question n’a jamais été problématique mais, disons-le, je n’ai jamais roulé sur l’or non plus. Je n’ai jamais dépensé sans compter. Sans surveiller. Sans vérifier. J’aurais été plus à l’aise avec quelques centaines de francs en plus par mois. Et quand on se dit « tiens, j’ai un peu froid, je serais sûrement plus à l’aise avec un gilet », que fait-on ? On va chercher un gilet. Ou on demande que l’on nous en prête un. Et moi, dans le cadre de mes emplois successifs, ai-je, ne serait-ce qu’une seule fois, demandé une plus grosse paie ? Vous connaissez la réponse. Si c’était le cas, je ne m’amuserais pas à vous écrire cet article.

« Ça se justifie », vous me direz. « Tu es, quand-même, toujours étudiante !» Oui. C’est vrai. Mais dans quelques mois, je ne le serai plus, et dans ce monde où ce qui est le meilleur est le plus difficile à avoir, il faudrait (et notez le conditionnel, ici – j’y reviendrai plus tard) que j’avance mes pions judicieusement et que j’apprenne… à négocier ! Avec les publications récentes et régulières de Patrick sur la négociation salariale, vous avez compris que la question nous intéresse beaucoup. Nous avons préparé une formation qui invite et entraîne les femmes à aborder leurs négociations salariales avec aplomb et ambition. Oui, les femmes sont globalement moins payées que les hommes en moyenne.

Pourquoi?

–       Parce qu’elles sont plus volontiers à temps partiel [1]

–       Parce qu’elles choisissent plus volontiers des métiers moins lucratifs 

–       Et parce que, devant des entreprises parfois sur la réserve en ce qui concerne la paie, elles négocient moins. 

Et ces trois aspects m’étaient si inconnus avant l’organisation de cette formation que j’avais tendance à croire (voire à m’identifier) à ce discours victimisant qui responsabilise uniquement la discrimination des dames dans le monde du travail. Bien sûr que la misogynie et la mauvaise foi existent, mais il semble que ce ne soit pas le facteur principal de ces inégalités salariales!

Soit, me suis-je dit, alors s’il ne s’agit pas tant de discrimination que de négociation, il ne doit pas être sorcier d’apprendre à négocier mieux. Sur les entre-faits, j’ai eu le grand plaisir d’interviewer Mélanie Girardin, directrice RH dont l’expertise de plus de vingt ans confirmait les faits : les femmes négocient moins, sont moins préparées à la négociation, ont des prétentions salariales moindres que celles des hommes. Suite à cela, ma curiosité commençait à être véritablement piquée. Les lectures d’articles, écoutes de podcast et discussions avec Patrick se sont multipliées à ce sujet, et plusieurs pistes, toutes plus épineuses et délicates les unes que les autres sont apparues pour tenter d’expliquer le fait que les femmes négocient moins.

Interview avec Mélanie Girardin, Directrice Ressources Humaines.

Vraiment ? Vous voulez savoir ? Bon, très bien : certains articles mettent en avant que la sociabilisation féminine est, dès l’enfance, moins centrée sur la friction et que de ce fait, le caractère « agréable », voire (exagérément) modeste d’une femme est plus cultivé que celui des hommes, menant ces derniers à plus d’aise dans des face à faces plus musclés (et donc à plus de négociations). D’autres soulèvent la question hormonale, et la manière dont la testostérone permet, justement, ce genre de conversation aux hommes qui seraient ainsi biologiquement plus « conquérants » que ces dames. Les férus d’histoire relèvent un habitus qui cantonne la femme à la passivité au cours des siècles, celle-ci remettant, de ce fait, plus volontiers la question financière dans les mains d’autres individus, préférablement masculins. Les plus militants de ces articles mettent en avant la différence d’accueil reçu par les femmes qui négocient auprès des directions RH. Et Mélanie confirme ! Une femme qui négocie est généralement vue (même par une interlocutrice féminine) comme plus agaçante qu’un homme, qu’on aura tendance à percevoir comme « ambitieux ». Un autre élément soulevé est celui du timing malheureux de la négociation. Apparemment, les femmes négocient moins à l’embauche, ce qui les condamneraient à un écart de salaire irrattrapable avec leurs collègues masculins. Car le jour où elles se décideront à réclamer plus, ces derniers auront déjà un salaire potentiellement supérieur.

En en discutant autour de moi, je remarque ne recevoir que très peu d’intérêt et de répondant de la part de mes amies. Suite à l’interview avec Mélanie, que j’ai fièrement communiquée à tous mes contacts (fame ain’t comin’ alone, baby !), ce sont majoritairement mes amis masculins qui ont réagi en apportant d’autres éléments de réflexions que « chouette vidéo, bravo ». Les inscriptions à notre formation, plutôt que de constituer une ruée vers l’or, arrivent au compte-goutte et témoignent d’une certaine mollesse chez la gente féminine face à cette question. Je crois qu’il faut se rendre à l’évidence. La négociation salariale n’intéresse que peu les femmes. Il semble qu’elles ne s’identifient pas tant, en tant qu’individu, à ce discours de l’insatisfaction salariale féminine, et qu’elles dénoncent « pour les autres » la discrimination salariale lorsque le moment s’y prête.

Personnellement, comment ai-je envie de me placer devant cette question salariale ?

Eh bien je dois l’admettre, je suis intéressée par la question, j’ai envie d’apprendre à négocier, mais :

1-    Mon intérêt pour ce thème découle de l’intérêt antérieur de mon patron (masculin) pour ce domaine

2-    Mon intérêt pour ce thème est motivé par le carrefour de vie vers lequel je me dirige. À savoir, l’entrée dans la vie active.

Je crois honnêtement que si l’on m’avait proposé, il y a 4 ans, de m’informer pour négocier un meilleur salaire, même si je n’aurais clairement pas craché sur de l’argent en plus, j’aurais certainement priorisé d’autres activités. Et je suspecte que nombre de femmes, même déjà salariées, puisse être dans ce même cas. A cette époque, ma curiosité intellectuelle sur le thème aurait certainement trouvé ses limites rapidement et la perspective de confronter un employeur qui me faisait « la courtoisie » de me fournir un emploi (notez désormais le regard critique) m’aurait sûrement fait renoncer. Et je ne dis pas par là que je ne sais pas être tenace et combative, lorsqu’un objectif me tient à cœur, je mets juste en doute le fait que cet objectif-là ait pu me tenir à cœur à cette période, n’ayant pas été dans une situation de besoin extrême.

Voilà, donc, ce que j’ai à vous dire : 

·      Il semble que la négociation salariale soit un terrain majoritairement masculin

·      C’est ok. Statistiquement, nous, les femmes, avons nos forces et intérêts majoritaires dans d’autres domaines: il n’est pas nécessaire de vouloir nous forcer à faire compétition avec ces messieurs si, fondamentalement, le thème ne nous anime pas tant (ou moins. En général… car les exceptions existent !)

·      Si, en revanche, vous êtes frustrées de vos conditions salariales chez votre employeur actuel, vous insurgeant de la paie supérieure de vos collègues hommes, si vous souhaitez augmenter vos prétentions salariales et vos chances de les voir se réaliser, alors j’ai envie de vous dire « rien n’est irrémédiable ». Il existe des manières de faire changer la donne. Par exemple, notre formation. Retrouver Patrick et Mélanie, le temps d’une matinée de travail, puis d’un apéritif convivial, pourrait vous apporter des outils. Ces deux intervenants conjuguent expertise psychologique et connaissances du milieu RH pour vous former à devenir des championnes de négociation, le 12 novembre à Lausanne (nombre de places limité). Inscriptions ici.

Patrick Santilli et Mélanie Girardin,
vos formateurs pour l’Atelier du 12 novembre

[1] En Suisse, 60% des femmes actives occupées de 25 à 54 ans ne travaillent pas à plein temps, contre 18 % pour les hommes. 23,4% de femmes actives ont un temps de travail inférieur à 50%, contre 6,9% des hommes (OFS, 2021)

2 commentaires

  1. Bensai Josyane sur 1 novembre 2022 à 10h43

    Felicitations pour cet article,. Belle approche d un sujet tellement réel.
    A préciser aussi qu une femme est « multi tâches », et mérite donc d avoir LE salaire en conséquence;;

    bonne chance pour tes futures négociations;

    • Cloé Bensaï sur 1 novembre 2022 à 10h51

      Merci beaucoup pour la lecture et la réaction 😃

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